Une infiltration consiste à déposer un médicament au voisinage d’un tendon, d’une gaine ou dans une articulation douloureuse. Elle peut être proposée pour certaines affections de la main et du poignet, lorsque les mesures simples ne suffisent pas. Son intérêt dépend avant tout du diagnostic : elle n’est ni systématique ni toujours durable.

Comprendre : où injecte-t-on le produit ?
La main et le poignet comportent de petites articulations, des tendons entourés d’une gaine, ainsi que des nerfs et des vaisseaux à proximité immédiate. L’infiltration consiste à déposer une faible quantité de médicament à un endroit précis, après identification de la structure responsable des symptômes. Le plus souvent, il s’agit d’un corticoïde utilisé pour diminuer une réaction inflammatoire locale. Le geste ne répare pas un tendon rompu et ne corrige pas une déformation osseuse.
Dans quelles situations peut-elle être proposée ?
Elle peut être discutée notamment pour un doigt à ressaut, certaines ténosynovites ou, au cas par cas, un syndrome du canal carpien. Pour une arthrose de la main ou du poignet, l’indication est plus nuancée : les recommandations européennes déconseillent l’usage systématique des corticoïdes dans l’arthrose de la main, tout en permettant de discuter certains cas d’articulations interphalangiennes douloureuses. Dans la rhizarthrose, le bénéfice n’est pas clairement établi.
Il faut d’abord confirmer que la douleur vient bien de la structure visée. Une infection, une rupture tendineuse ou un déficit neurologique évolutif ne doivent pas être traités comme une simple inflammation.
Faut-il une échographie avant ou pendant le geste ?
Le diagnostic repose d’abord sur l’interrogatoire et l’examen. Des radiographies, une échographie ou un électromyogramme peuvent être utiles selon les symptômes. Certaines infiltrations sont réalisables à l’aide des repères anatomiques. L’échoguidage permet de visualiser la zone cible ainsi que les tendons, nerfs et vaisseaux voisins. Il est particulièrement intéressant pour certaines cibles étroites ou anatomies complexes, mais il n’est pas obligatoire pour toutes les infiltrations.
Comment se déroule une infiltration ?
Le médecin vérifie l’indication, les allergies, les traitements et les antécédents pertinents, notamment un diabète, une infection ou la prise d’anticoagulants. La peau est désinfectée avec soin. Une aiguille fine est placée dans la zone à traiter ; la position peut être contrôlée par échographie. Après l’injection, un pansement simple peut suffire. La sensation varie d’une personne à l’autre, et le geste peut provoquer une douleur brève.
Les médicaments utilisés, leurs doses et l’éventuel recours à un anesthésique local dépendent de la situation. Ils sont précisés lors de la consultation et ne doivent pas être déduits d’un protocole général publié en ligne.
Quels sont les risques et les précautions ?
Une douleur transitoirement accrue après l’injection, une petite ecchymose ou une modification locale de la peau sont possibles. Une dépigmentation ou une atrophie de la graisse sous-cutanée peut survenir après corticoïde. Des lésions tendineuses ou nerveuses sont possibles mais rares ; le risque infectieux est faible et impose une asepsie rigoureuse. Chez les personnes diabétiques, une hausse temporaire de la glycémie est possible, surtout dans les jours qui suivent. La répétition des injections doit être discutée individuellement.
Consulter rapidement en cas de rougeur importante, chaleur, fièvre, gonflement marqué, douleur inhabituelle croissante, ou déficit sensitif ou moteur apparu après le geste.
Que faire après l’infiltration ?
Éviter de forcer sur la zone infiltrée pendant la première journée est raisonnable ; une immobilisation prolongée n’est généralement pas nécessaire. Une attelle, des exercices ou une kinésithérapie peuvent compléter la prise en charge selon la pathologie. Le délai et l’intensité de la reprise sont personnalisés.
Une infiltration peut soulager certains symptômes mais ne remplace pas une stratégie globale : aménagement des activités, orthèse adaptée, rééducation ou, dans certaines situations, traitement chirurgical.
Quand faut-il discuter une chirurgie ?
Lorsque les symptômes persistent, récidivent ou s’accompagnent d’un déficit nerveux, l’avis d’un chirurgien de la main permet de réévaluer le diagnostic. Un canal carpien sévère, par exemple, ne doit pas être traité par des infiltrations répétées qui retarderaient une décompression indiquée. Pour un doigt à ressaut très gênant, une libération de la poulie A1 peut être discutée après échec du traitement conservateur.
Questions fréquentes
Une infiltration de la main est-elle douloureuse ?
La piqûre peut être désagréable, notamment dans une petite articulation ou près d’un tendon. La douleur varie selon la zone et la sensibilité de chacun. Le geste est généralement bref.
L’infiltration est-elle toujours faite sous échographie ?
Non. Certains gestes peuvent être réalisés à partir des repères anatomiques. L’échographie est utile selon la cible, les antécédents et la difficulté du geste.
Quand le traitement commence-t-il à agir ?
Le délai varie selon le produit, la pathologie et les personnes. Un soulagement immédiat dû à un anesthésique local ne préjuge pas de l’effet ultérieur du corticoïde.
Combien d’infiltrations peut-on faire ?
Il n’existe pas de nombre universel applicable à toutes les articulations ou tendons. Une nouvelle injection se discute selon le bénéfice précédent, les risques cumulés et les autres traitements possibles.
Une infiltration peut-elle aggraver la douleur ?
Une recrudescence transitoire de la douleur est possible. Une douleur importante qui augmente, avec rougeur, chaleur ou fièvre, impose de consulter rapidement pour écarter une infection.
Peut-on conduire ou travailler ensuite ?
Cela dépend du site infiltré, de la douleur et d’une éventuelle anesthésie locale. Il est prudent de prévoir une activité allégée et de suivre les consignes individuelles données lors du geste.
L’infiltration remplace-t-elle une opération du canal carpien ?
Pas toujours. Elle peut soulager à court terme, mais ne procure pas d’amélioration durable démontrée du syndrome du canal carpien. Le choix dépend notamment des symptômes et de la gravité de l’atteinte nerveuse.
Sources médicales
- Uson J et al. EULAR recommendations for intra-articular therapies. Ann Rheum Dis. 2021. DOI : 10.1136/annrheumdis-2021-220266.
- Kloppenburg M et al. 2018 update of the EULAR recommendations for management of hand osteoarthritis. Ann Rheum Dis. 2019. DOI : 10.1136/annrheumdis-2018-213826.
- AAOS. Management of Carpal Tunnel Syndrome — Clinical Practice Guideline. 2024.
- Comparative effectiveness of corticosteroid injections for trigger finger: systematic review of randomized controlled trials. 2025.
Pour aller plus loin
Syndrome du canal carpien : fiche complète →
Doigt à ressaut : fiche complète →
Où consulter ?
Projet éditorial soumis à relecture médicale. La date de publication et de dernière relecture sera renseignée après validation.
Chirurgie de l’épaule et de la main