L’infiltration est particulièrement utile lorsque les symptômes sont intermittents et sans déficit moteur. La chirurgie devient plus pertinente si les fourmillements deviennent permanents, si la sensibilité ou la force diminuent, si l’EMG montre une atteinte sévère, ou si le bénéfice de l’infiltration est insuffisant ou transitoire.

Infiltration échoguidée du canal carpien autour du nerf médian
L’échographie permet de voir le nerf médian et de suivre l’aiguille pendant l’injection.

Comment se déroule l’infiltration ?

Elle est réalisée par un radiologue ou un praticien entraîné, le plus souvent sous contrôle échographique. Après désinfection, une aiguille fine est guidée au voisinage du nerf, sans l’injecter. Le geste dure habituellement cinq à dix minutes. Une gêne brève peut survenir, puis la main est ménagée le jour même.

La cortisone locale, sans fantasme

Le corticoïde est déposé en petite quantité localement pour diminuer l’inflammation et l’œdème dans un espace fermé. Il ne s’agit pas d’un traitement général prolongé. Les effets indésirables sont rares mais possibles : douleur transitoire, dépigmentation ou atrophie cutanée, infection exceptionnelle et déséquilibre glycémique temporaire chez le patient diabétique.

Quels signes font préférer la chirurgie ?

Une fonte des muscles du pouce, une maladresse, un déficit moteur, une hypoesthésie permanente ou une atteinte électrophysiologique sévère témoignent d’une souffrance nerveuse plus avancée. Répéter indéfiniment les infiltrations peut alors retarder une décompression utile. La décision reste individuelle, confrontant symptômes, examen, EMG, métier et attentes.

Une amélioration transitoire est-elle utile ?

Oui. Une réponse nette, même temporaire, renforce souvent la cohérence entre les symptômes et la compression du nerf médian. Elle ne préjuge toutefois ni d’une guérison définitive ni du résultat exact d’une chirurgie.

Questions fréquentes

L’infiltration abîme-t-elle le nerf ?

Le contrôle échographique vise précisément à éviter le nerf et les tendons. Comme tout geste, elle n’est pas dépourvue de risque, mais les complications sévères sont exceptionnelles.

Peut-on conduire après ?

Il est prudent de prévoir un accompagnement et d’attendre le retour d’une main confortable et pleinement contrôlable.

Sources médicales

  1. HAS — Syndrome du canal carpien : optimiser le parcours patient.
  2. SFCM — textes référents d’information du patient.
  3. Assurance Maladie — traitement du syndrome du canal carpien.