L’ablation d’une plaque du poignet n’est pas automatique dans les recommandations internationales. Elle peut néanmoins être proposée après consolidation en cas de douleur, raideur, gêne climatique, irritation tendineuse, matériel saillant ou symptômes nerveux. La décision associe examen clinique et radiographies.

Pourquoi une plaque peut-elle devenir gênante ?

La plaque est placée sur la face antérieure du radius, à proximité des tendons fléchisseurs et du nerf médian. Une gêne peut apparaître lors des mouvements, à l’appui ou lors des changements de température — parfois décrite comme un « syndrome climatique ». Une douleur ou une raideur n’est cependant pas toujours causée par le matériel : il faut aussi rechercher une séquelle articulaire, une adhérence cicatricielle, une atteinte tendineuse ou un syndrome douloureux régional complexe.

Plus rarement, le contexte fracturaire ou cicatriciel peut révéler ou décompenser un syndrome du canal carpien ou un doigt à ressaut. Au moindre doute, un électromyogramme pour le nerf médian et une échographie pour les tendons, les poulies ou un conflit avec la plaque complètent l’examen.

Ablation d’une plaque antérieure du radius après consolidation du poignet
Après consolidation, les vis puis la plaque sont retirées avec précaution, en protégeant les tendons et les branches nerveuses superficielles.

Faut-il retirer toutes les plaques ?

Les études montrent des pratiques très variables selon les pays et ne démontrent pas de bénéfice fonctionnel à retirer systématiquement toutes les plaques. Dans ma pratique, le retrait est volontiers proposé chez un patient de moins de 50 ans une fois la fracture consolidée ; après 50 ans, il est plutôt réalisé à la demande ou lorsqu’un symptôme, la position de la plaque ou un conflit tendineux le justifie. Cette stratégie reste individualisée.

Pourquoi prendre une décision autour d’un an ?

Le contrôle situé autour du premier anniversaire permet de faire un point utile : consolidation radiographique, mobilité, douleur, tendons et souhait du patient. Une ablation plus tardive reste possible, mais les tissus et les tendons peuvent devenir plus adhérents autour du matériel. Les vis verrouillées peuvent exceptionnellement être difficiles à dévisser en raison d’une intégration osseuse, d’une empreinte endommagée ou d’un phénomène de « soudure à froid » entre la vis et la plaque. Ce repère d’un an correspond donc à une stratégie pratique, pas à une date limite absolue.

Comment se déroule l’intervention ?

Le geste est habituellement ambulatoire sous anesthésie locorégionale. L’ancienne cicatrice est reprise, les tendons et les éléments nerveux sont protégés, puis les vis et la plaque sont retirées. Les adhérences gênantes peuvent être libérées et un contrôle radiographique vérifie l’ablation du matériel. La peau est refermée par un surjet. Il s’agit généralement d’une intervention nettement plus légère que l’opération initiale de la fracture.

J0–J3Main surélevée, mouvements réguliers des doigts, du coude et de l’épaule. Antalgiques selon l’ordonnance.
J2–J15Soins infirmiers du pansement tous les deux jours pendant environ 15 jours. Le pansement reste propre et sec.
Vers J15Contrôle de la cicatrice et retrait du surjet. Début des massages lorsque la fermeture cutanée est complète.
Semaines suivantesMobilisation progressive. Les charges lourdes, impacts et chutes sont évités tant que les orifices des vis se consolident.

Quels sont les risques ?

Une douleur, un hématome, un gonflement, une raideur ou une sensibilité cicatricielle transitoire sont possibles. L’atteinte de la branche cutanée palmaire du nerf médian, responsable d’une zone d’hypoesthésie ou de dysesthésie, est très rare mais anatomiquement possible. S’y ajoutent les risques généraux de toute chirurgie : infection, lésion tendineuse ou vasculaire, syndrome douloureux régional complexe, difficulté d’extraction d’une vis et, exceptionnellement, fragilité osseuse ou fracture secondaire.

Questions fréquentes

La plaque doit-elle obligatoirement être retirée ?

Non. Une plaque bien tolérée peut rester en place. Le retrait dépend de l’âge, des symptômes, de sa position, de l’état des tendons et du choix du patient.

Un EMG est-il systématique ?

Non. Il est demandé en cas de fourmillements, perte de sensibilité ou suspicion de canal carpien. Une échographie peut compléter le bilan tendineux ou rechercher un doigt à ressaut.

Est-ce aussi lourd que la première opération ?

Le geste est généralement plus court et les suites plus simples que lors de la réduction de la fracture, mais il reste une véritable intervention chirurgicale.

Peut-on mobiliser immédiatement ?

Les doigts sont mobilisés immédiatement et le poignet progressivement selon la douleur et les consignes opératoires. Les efforts importants sont différés.

Sources médicales

  1. Yamamoto et al. — Systematic review of volar locking plate removal after distal radius fracture.
  2. Complications Following Volar Locking Plate Fixation — systematic review of randomized trials.
  3. Radius palmar plate removal and late median nerve symptoms.
  4. Median Nerve Displacement during Hardware Removal after Distal Radius Fractures.
  5. Minimally invasive hardware removal after distal radius plate osteosynthesis.