Après une plaque antérieure verrouillée du radius, les doigts sont mobilisés immédiatement et le poignet est repris progressivement selon la fracture. Dans le protocole habituel du Dr Baumann, l’auto-rééducation douce débute précocement et la kinésithérapie structurée autour d’un mois, après contrôle clinique et radiographique.

Comment évoluent la douleur et la cicatrice ?

Les premiers jours associent douleur, œdème et sensation de tension. La gêne diminue progressivement, mais la cicatrice peut rester sensible, adhérente ou épaissie plusieurs semaines. Une douleur qui augmente, une rougeur qui s’étend, un écoulement, de la fièvre, des doigts froids ou très gonflés imposent de contacter rapidement l’équipe.

Lorsque la peau est complètement fermée, généralement après le contrôle autour de J15, le massage cicatriciel aide à assouplir les plans superficiels : petits cercles, mobilisation transversale puis glissement longitudinal, quelques minutes plusieurs fois par jour, sans provoquer d’inflammation.

Orthèse et kinésithérapie

Une orthèse thermoformée sur mesure peut protéger le poignet tout en laissant les doigts libres. Son port dépend de la stabilité de la fracture, de la qualité osseuse et des gestes réalisés. Elle ne doit pas comprimer, augmenter les fourmillements ni empêcher la mobilisation des doigts.

La littérature montre que la mobilisation précoce après plaque verrouillée peut améliorer plus vite la fonction sans augmenter les complications dans les fractures sélectionnées. Le calendrier reste néanmoins fixé par le chirurgien. Dans le protocole présenté ici, la kinésithérapie formelle débute vers un mois, après la radiographie de contrôle ; avant cela, les mouvements autorisés sont doux, fréquents et sans charge.

Exercices d’auto-rééducation après une plaque antérieure du poignet
Mobilité douce, prière, serviette, travail contre un mur et outils légers : les exercices sont introduits par étapes et sans douleur forcée.

Programme pratique à domicile

J0–J15Surélever la main. Ouvrir puis fermer complètement les doigts, toucher chaque doigt avec le pouce, mobiliser le coude et l’épaule. Plusieurs séries courtes dans la journée.
S2–S6Après validation : flexion-extension douce du poignet, pronation-supination coude au corps, mains en « prière » sans forcer. Massage de cicatrice lorsque la peau est fermée.
À partir de M1Kiné, piscine douce si la cicatrice est parfaitement cicatrisée, main posée contre la paroi de douche avec petites « pompes » sous l’eau chaude. Progression selon la radiographie.
Après consolidationRenforcement graduel : bouteille d’eau de 0,5 L, essorage doux d’une serviette, kit d’auto-rééducation, pâte ou balle souple et Gyroball. Arrêter en cas de douleur vive ou de gonflement durable.
Vers M3Si une restriction persiste malgré un travail régulier, une orthèse dynamique ou statique progressive de flexion ou d’extension peut être discutée au cas par cas.
Règle simple

Mieux vaut 4 à 6 séances courtes de 5 à 10 minutes réparties dans la journée qu’une séance longue et douloureuse. Une tension modérée est acceptable ; une douleur franche, un rebond inflammatoire ou un gonflement qui persiste imposent de réduire l’intensité.

Des exercices avec les objets du quotidien

  • Faire rouler doucement une petite bouteille sur une table pour travailler la flexion-extension sans charge.
  • Tenir une bouteille de 0,5 L, coude posé, puis incliner très progressivement le poignet après autorisation de renforcement.
  • Tordre une petite serviette humide dans les deux sens, sans crispation ni mouvement brusque.
  • Joindre les paumes en prière, coudes progressivement relevés, sans décoller les talons des mains.
  • Effectuer de petites poussées contre la paroi de douche, paume à plat, sous une eau tiède.
  • Utiliser une Gyroball ou un kit de rééducation seulement après consolidation et avec une durée courte au départ.

Quand récupère-t-on la force ?

La mobilité progresse d’abord, puis l’endurance et la force. Les différences entre mobilisation précoce et retardée s’estompent dans les études au cours du suivi, mais la récupération personnelle continue souvent pendant 6 à 12 mois. Un poignet peut donc encore gagner en souplesse, confort et force longtemps après la reprise des activités ordinaires.

Et si le poignet reste raide à trois mois ?

Il faut rechercher ce qui limite le mouvement : douleur, adhérences, œdème, conflit du matériel, défaut de consolidation ou atteinte articulaire. Une orthèse dynamique ou statique progressive peut être proposée dans certaines raideurs ; les résultats publiés sont toutefois hétérogènes. Elle complète un programme individualisé et ne remplace pas le contrôle clinique et radiographique.

Questions fréquentes

Quand commencer la kinésithérapie ?

Dans ce protocole, elle débute habituellement autour d’un mois après contrôle. Les doigts et les articulations libres sont mobilisés plus tôt. La consigne peut changer selon la fracture.

Quand masser la cicatrice ?

Lorsque la peau est complètement fermée, souvent après le contrôle vers J15, sans croûte humide ni écoulement.

Puis-je aller à la piscine ?

Oui après cicatrisation cutanée complète et accord médical, souvent autour d’un mois. Les premiers exercices restent doux, sans plongeon ni appui brutal.

La Gyroball est-elle utile immédiatement ?

Non. Elle sert au travail de force et de proprioception après consolidation. Commencée trop tôt ou trop longtemps, elle peut entretenir la douleur et l’œdème.

La récupération est-elle terminée à trois mois ?

Non. À trois mois, une grande partie de la fonction revient, mais les progrès de mobilité, de force et de confort peuvent se poursuivre jusqu’à un an.

Sources médicales

  1. HAS — Rééducation dans les fractures de l’extrémité distale des deux os de l’avant-bras.
  2. Lee et al. — Early mobilization after volar locking plate fixation: meta-analysis.
  3. Effectiveness of early versus delayed motion — systematic review and meta-analysis.
  4. Rééducation des fractures de l’extrémité distale du radius.
  5. Dynamic splints after distal radial fracture — randomized trial.