Tennis : douleurs de l’épaule, du coude et du poignet
Service, revers et répétition : comprendre les douleurs du membre supérieur au tennis et adapter sa pratique.
Service, revers et charge répétée
Le service sollicite fortement la chaîne scapulo-humérale. Le revers et les frappes répétées peuvent majorer les contraintes au coude et au poignet. La charge d’entraînement et les changements de matériel doivent être pris en compte.

Les différents tableaux
- Épicondylalgie latérale, souvent dite tennis elbow.
- Douleurs de la coiffe des rotateurs et dyskinésie scapulaire.
- Atteintes du long biceps et du labrum dans certains contextes.
- Douleurs du poignet : tendons, articulations ou ligaments selon le siège.
Que faire si la douleur apparaît ?
Réduire temporairement les gestes déclencheurs, revoir la technique et l’équipement avec un professionnel adapté, puis réintroduire progressivement la charge. Une douleur persistante, nocturne ou associée à une faiblesse doit être examinée.
Reprendre sans précipitation
La reprise progressive du service, des frappes au-dessus de la tête et de la compétition se décide selon l’évolution clinique et le diagnostic.
Les pathologies fréquentes et leurs mécanismes
Épicondylalgie latérale
Le revers, les impacts décentrés et l’augmentation rapide du volume sollicitent les extenseurs du poignet. La douleur latérale est reproduite par la préhension et l’extension résistée. Diagnostic principalement clinique ; échographie en cas d’évolution atypique ou prolongée. Réduction transitoire de charge, adaptation technique et renforcement progressif constituent la base du traitement.
Coiffe des rotateurs, biceps et complexe labro-bicipital
Le service associe accélération, rotation et décélération à forte vitesse. Fatigue de la coiffe, dyskinésie scapulaire, perte d’amplitude et surcharge répétée peuvent participer aux douleurs. Une lésion de coiffe ou du long biceps n’est pas automatiquement causée par le tennis ; l’examen doit rechercher une affection associée. Échographie ou IRM sont utiles en cas de déficit, de suspicion de rupture ou de symptômes persistants.
Poignet et main
La répétition des frappes et la préhension serrée peuvent favoriser des douleurs tendineuses, notamment du bord ulnaire du poignet ; TFCC et ECU sont des diagnostics différentiels à rechercher selon la localisation. Les douleurs après un choc imposent des radiographies et parfois une imagerie ciblée.

Échauffement du joueur : 12 à 15 minutes
- 3 minutes de course légère, pas chassés et coordination.
- 3 minutes de mobilité thoracique, épaules, poignets et avant-bras.
- 3 minutes d’élastique : rotation externe de coiffe, contrôle scapulaire, extenseurs du poignet.
- 3 à 5 minutes de mini-tennis puis services progressifs, sans commencer d’emblée à pleine puissance.
Progression des volumes de service, récupération suffisante, vérification du manche et du cordage et travail de la chaîne cinétique sont plus utiles qu’un étirement douloureux forcé.
Que faire en cas de douleur et comment reprendre ?
Une douleur récente sans perte de fonction justifie d’abord une réduction de la charge déclenchante, puis des exercices progressifs adaptés. Une douleur nocturne persistante, un déficit de force, un traumatisme, un claquement ou des paresthésies appellent un bilan. Radiographies en cas de traumatisme, échographie pour certains tendons, IRM pour suspicion de lésions profondes et EMG si signes neurologiques orientent le diagnostic.
Infiltration et chirurgie ne constituent pas des traitements systématiques ; elles sont discutées après diagnostic, selon les symptômes et l’échec de mesures adaptées. La reprise progresse du mini-tennis vers les frappes puis les services et la compétition.
