Dr BaumannChirurgie de l’épaule et de la main
FICHE PATHOLOGIE · ÉPAULE

Lésions du long biceps et SLAP lésions

Des douleurs de l'épaule parfois sous-estimées, isolées ou associées à une atteinte de la coiffe et du complexe labro-bicipital.

Complexe labro-bicipital et ancrage supérieur du long biceps, dessin anatomique graphite

LONG BICEPS · SLAP

Tendon du long chef du biceps et labrum supérieur

ÉtymologieBiceps vient du latin « à deux têtes ». SLAP est l’acronyme anglais de Superior Labrum Anterior to Posterior, une lésion du bourrelet glénoïdien supérieur d'avant en arrière.

Une atteinte du long biceps peut concerner son insertion supraglénoïdienne, sa portion intra-articulaire, sa poulie ou sa portion dans la gouttière bicipitale.

Un tendon parfois responsable des symptômes, parfois simple témoin d'une autre lésion
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Pourquoi cette pathologie est-elle parfois méconnue ?

La portion longue du biceps traverse l’articulation glénohumérale avant de cheminer dans la gouttière intertuberculaire. Une douleur attribuée à la coiffe, à une bursite ou à une raideur peut également impliquer ce tendon. Inversement, une ténosynovite peut traduire une inflammation secondaire à une autre affection de l’épaule.

Une lésion traumatique du complexe labro-bicipital, une instabilité de la poulie, une dégénérescence du tendon ou une hypertrophie intra-articulaire (« biceps en sablier ») constituent des situations différentes, qui ne conduisent pas toutes à la même intervention.

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Sport, surmenage et traumatismes

L’épaule du lanceur, les gestes répétés au tennis, certains mouvements de musculation et les activités sollicitant fortement l’épaule peuvent entraîner une surcharge du tendon. Le passage rapide d’une position coude fléchi à une extension sous charge avec supination et mouvements de rotation de l’épaule peut être douloureux chez un patient présentant déjà une atteinte du complexe bicipital. Il ne s’agit pas d’un mécanisme spécifique permettant à lui seul de diagnostiquer une SLAP lésion.

Une chute ou un effort brutal peuvent provoquer une lésion isolée. Chez d’autres patients, la lésion est d’allure dégénérative, parfois associée à une pathologie de coiffe ou du sous-scapulaire.

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Les différents sièges lésionnels

À l’insertion supérieure du labrum, les SLAP lésions peuvent être stables, décollées ou associées à une extension dans le tendon. La portion intra-articulaire peut présenter des fissures, un aspect inflammatoire ou une hypertrophie. Au niveau de la poulie, une atteinte associée du sous-scapulaire peut provoquer une instabilité, voire une luxation médiale du tendon. Enfin, la gaine dans la gouttière peut être le siège d’une ténosynovite ou d’une lésion partielle.

Représentation des différents sièges lésionnels du biceps et du labrum supérieur

Illustration de principe : les détails anatomiques doivent être relus avant publication.

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Un diagnostic d’abord clinique

La palpation ciblée de la gouttière, les manœuvres de Speed ou de Yergason, le test d’O’Brien et la recherche d’un conflit ou d’une instabilité aident à orienter l’examen. Leur positivité est fréquente dans plusieurs affections de l’épaule : aucun test isolé n’est suffisamment spécifique pour confirmer une SLAP lésion ou une tendinopathie du long biceps.

Le signe de l’arc douloureux, parfois associé au nom de Codman, n’est pas spécifique du biceps. En cas de suspicion de biceps en sablier, le test décrit par Baumann et collaborateurs peut compléter l’examen spécialisé.

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Échographie, IRM et arthroscanner

L’échographie dynamique examine la portion extra-articulaire du tendon : ténosynovite, épanchement dans la gaine, fissuration ou instabilité dans la gouttière. L’IRM et l’arthro-IRM explorent les lésions intra-articulaires et labrales ainsi que les lésions associées. L’arthroscanner est discuté dans certaines situations, selon la question clinique et les contre-indications.

Il faut confronter l’imagerie à l’examen : des anomalies d’aspect dégénératif peuvent être présentes sans être la cause des douleurs, et certaines lésions restent difficiles à caractériser.

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L’infiltration de la gouttière : un intérêt diagnostique et thérapeutique

Une injection échoguidée d’anesthésique local, telle que la lidocaïne (Xylocaïne), dans la gaine du long biceps peut aider à apprécier sa part dans les douleurs. Une diminution nette et rapide de la douleur reproduite avant l’injection constitue un argument d’orientation, mais n’est pas une preuve à elle seule : l’effet placebo, la diffusion de l’anesthésique et la coexistence d’autres lésions doivent être considérés.

Si une infiltration thérapeutique est indiquée, un corticoïde peut être discuté pour un effet anti-inflammatoire plus prolongé. L'injection doit viser la gaine et non le corps du tendon, afin de limiter le risque de fragilisation tendineuse. La décision tient compte des contre-indications, des risques et de la situation du patient.

Illustration prévue avant publication : sonde échographique en coupe transversale sur la gouttière, tendon du long biceps dans sa gaine, trajet d’aiguille hors tendon et diffusion péri-tendineuse.

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Ténotomie ou ténodèse : des gestes distincts

Une chirurgie est discutée lorsque des symptômes persistants restent cohérents avec la lésion malgré un traitement conservateur adapté. La ténotomie sectionne le tendon proximal ; une variante dite autobloquante peut rechercher un accrochage du moignon, mais n’exclut pas une déformation de type Popeye ou des crampes.

La ténodèse fixe le tendon à l’humérus, à un niveau choisi selon les lésions et la technique. Une fixation distale à la partie haute de la gouttière vise notamment à éviter de laisser en place une portion pathologique douloureuse. Des systèmes d’ancres textiles existent, dont des modèles de type FiberTak ; le choix du système ne constitue pas à lui seul une indication.

À relire anatomiquement : illustration séparée de la ténotomie en T au shaver, puis ténodèse par fixation textile avec continuité du tendon orientée vers la distalité après l’ancre. La technique exacte et le niveau de fixation doivent correspondre au geste réellement pratiqué.

Les risques comprennent notamment douleur résiduelle, raideur, infection, lésion neurovasculaire rare, déformation esthétique, crampes, rupture ou échec de fixation. Le protocole de rééducation varie selon la procédure et les gestes associés.

Conseils pratiques : exercices doux pour une tendinopathie du long biceps

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Questions fréquentes

Une SLAP lésion nécessite-t-elle toujours une opération ?

Non. Le traitement est souvent initialement conservateur et dépend de l'âge, de l'activité, des symptômes et des lésions associées.

Une échographie normale élimine-t-elle une SLAP lésion ?

Non. L’échographie est particulièrement utile pour la partie extra-articulaire du biceps, mais explore moins bien le labrum supérieur.

Une infiltration qui soulage confirme-t-elle le diagnostic ?

Elle renforce une hypothèse clinique sans constituer une confirmation absolue.

Pourquoi préférer parfois une ténodèse basse ?

Pour traiter une portion de tendon pathologique située dans la gouttière ; le choix se discute selon les lésions et les contraintes techniques.

Quand reprendre la musculation ?

Le calendrier dépend du traitement, des autres gestes éventuels et de l’évolution ; il doit être personnalisé.

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Références

Baumann Q et al. Diagnostic value of the hourglass biceps test for the detection of intra-articular long head of the biceps hypertrophy. JSES Int. 2020;4:906–912. PubMed.

Courage O, Baumann Q, Hue AG, Le Moulec YP. Technique de ténodèse du biceps sous la coulisse bicipitale. Maîtrise Orthopédique, 282, 2019. Article.

AAOS OrthoInfo : Biceps Tendinitis ; SLAP Tears.