Dr Quentin BaumannChirurgie de l’épaule et de la main
FRENDE
FICHE PATHOLOGIE · ÉPAULE

Omarthrose

L’arthrose gléno-humérale correspond à l’usure progressive du cartilage entre la tête de l’humérus et la glène. La coiffe des rotateurs, le centrage de l’épaule et le stock osseux déterminent autant le traitement que l’importance de l’usure.

Omarthrose centrée avec coiffe fonctionnelle et omarthrose excentrée avec coiffe déficiente

OMARTHROSE

[ɔ.maʁ.tʁoz]—n. f.

ÉtymologieDu grec ômos, « épaule », árthron, « articulation », et du suffixe -ose.

Maladie de toute l’articulation gléno-humérale associant perte cartilagineuse, remaniement osseux, inflammation et retentissement musculaire, responsable de douleurs et d’une limitation progressive des mouvements.

Une image d’arthrose ne suffit jamais : on traite une épaule douloureuse et gênante, pas une radiographie.
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Comprendre l’omarthrose

L’omarthrose devient plus fréquente avec l’âge. Les études de population rapportent environ 16 à 20 % d’images radiographiques d’arthrose gléno-humérale après 65 ans, sans que toutes soient douloureuses. Elle peut être primitive, post-traumatique après fracture ou instabilité, liée à une nécrose, à une ancienne chirurgie, ou s’intégrer à une maladie inflammatoire ou systémique.

Centrée ou excentrée ? Avec ou sans coiffe ?

Dans l’omarthrose centrée, la tête humérale reste en face de la glène et la coiffe est généralement fonctionnelle. Dans l’omarthrose excentrée, une coiffe déficiente ne recentre plus la tête, qui migre souvent vers le haut : on parle volontiers d’arthropathie de coiffe. Cette distinction conditionne le choix entre prothèse anatomique et prothèse inversée.

Comparaison anatomique d’une omarthrose centrée et d’une omarthrose excentrée
Le centrage de la tête humérale et la fonction de la coiffe modifient la mécanique et la stratégie.
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Douleur, raideur et sommeil

La douleur est volontiers profonde, antérieure ou latérale, aggravée par l’usage du bras. Les douleurs nocturnes sont fréquentes et peuvent empêcher de dormir sur l’épaule. La diminution des rotations puis de l’élévation gêne l’habillage, la toilette, le coiffage et les gestes au-dessus de la tête. Des craquements et une perte de force peuvent s’y associer.

Douleurs nocturnes, mobilité réduite et gêne quotidienne de l’omarthrose
L’intensité de la douleur, le sommeil et la gêne réelle comptent davantage qu’une image isolée.
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Un bilan morphologique pour planifier

Le bilan radiographique comporte des incidences de face adaptées et un profil axillaire. Celui-ci montre le centrage antéro-postérieur de la tête et l’usure postérieure de la glène, parfois mal appréciée sur la seule face.

Lorsqu’une prothèse est envisagée, le scanner, souvent avec reconstructions 2D/3D, mesure la version et l’inclinaison de la glène, le stock osseux, les ostéophytes et la subluxation. L’état de la coiffe est évalué par échographie, IRM ou arthroscanner selon le contexte. Une perte osseuse importante peut nécessiter une greffe, une augmentation ou un implant spécifique.

Profil axillaire, scanner de la glène et voies d’abord de la prothèse d’épaule
Profil axillaire, version glénoïdienne, stock osseux et voies d’abord : la chirurgie se prépare sur la morphologie réelle.
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Le traitement médical d’abord

Lorsque la douleur et la fonction le permettent, le traitement associe antalgiques adaptés au terrain, modification temporaire des activités, kinésithérapie, entretien de la mobilité et auto-rééducation. La balnéothérapie facilite souvent les mouvements grâce à la portance de l’eau.

Une infiltration gléno-humérale de corticoïde peut être proposée sous contrôle échographique ou radiologique. Elle vise une diminution transitoire de l’inflammation et de la douleur ; elle ne reconstruit pas le cartilage et son indication tient compte du contexte médical et d’un éventuel projet opératoire.

PRP chez le sujet jeune : une piste, pas une promesse

Le plasma riche en plaquettes est préparé à partir du sang du patient puis injecté dans l’articulation. Les essais suggèrent un possible effet antalgique chez certains patients, mais les protocoles sont hétérogènes et les preuves restent insuffisantes pour promettre une régénération du cartilage. Cette option est discutée au cas par cas.

Prélèvement, centrifugation et injection échoguidée de PRP
Le PRP ne contient pas de cellules souches et ne doit pas être présenté comme un traitement capable de refaire le cartilage.
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Quand discuter une prothèse ?

La chirurgie est envisagée lorsque les douleurs, le sommeil ou l’autonomie restent nettement altérés malgré un traitement médical bien conduit, et lorsque l’imagerie explique les symptômes. L’âge seul ne décide pas : qualité osseuse, coiffe, niveau d’activité, attentes et solutions de reprise comptent aussi.

Une décision partagée

Le but est une épaule plus confortable, plus mobile et utile. Une prothèse peut apporter un soulagement majeur, mais ne rend pas systématiquement une épaule identique à celle de 20 ans.

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Trois concepts, des indications différentes

SolutionPrincipeSituations possiblesLimites
AnatomiqueReproduit la tête et remplace la glène.Coiffe fonctionnelle, glène reconstructible.Dépend de la coiffe ; usure ou descellement possibles.
InverséeSphère glénoïdienne et cupule humérale ; mécanique modifiée.Coiffe déficiente, certaines déformations ou reprises.Luxation, encoche, fracture, infection ou descellement possibles.
Hémiarthroplastie / pyrocarboneRemplace le versant huméral et conserve la glène native.Certains patients jeunes soigneusement sélectionnés.Douleur ou usure glénoïdienne résiduelle ; recul moindre.

Dans une prothèse inversée, le deltoïde devient le principal moteur de l’élévation lorsque la coiffe ne peut plus assurer son rôle. Le montage déplace le centre de rotation pour lui redonner un bras de levier efficace.

Prothèse anatomique, prothèse inversée avec action du deltoïde et pyrocarbone
Concepts simplifiés : la forme et la fixation sont déterminées par la planification.

FX Shoulder Solutions

Le Dr Baumann utilise notamment la gamme de FX Shoulder Solutions, entreprise française spécialisée dans l’arthroplastie de l’épaule. Son portefeuille comprend des solutions anatomiques, inversées, de traumatologie et de reprise. Cette largeur de gamme aide à s’adapter aux situations simples comme complexes ; le choix final reste guidé par l’indication médicale et l’anatomie.

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Une chirurgie personnalisée

La prothèse peut être implantée par voie delto-pectorale ou supéro-externe. Le choix dépend du type de prothèse, de la coiffe et de la morphologie. Les cicatrices sont habituellement contenues : environ 5 à 6 cm pour la voie delto-pectorale et 4 à 5 cm pour la voie supéro-externe, tout en restant adaptables à l’exposition nécessaire pour opérer en sécurité.

L’intervention associe une anesthésie générale et souvent une anesthésie locorégionale. Une ALR à effet prolongé, décidée avec l’anesthésiste, peut réduire la douleur initiale. Une greffe osseuse, un implant augmenté ou un matériel de reprise peut être nécessaire si le stock glénoïdien est insuffisant.

Planification scanner et cicatrices delto-pectorale ou supéro-externe
Les deux cicatrices sont deux voies alternatives. La voie supéro-externe descend depuis le bord antéro-latéral de l’acromion dans l’axe des fibres du deltoïde.
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Les suites opératoires

Dans le protocole habituel du Dr Baumann, une immobilisation allégée est portée environ 3 semaines et la kinésithérapie débute précocement. Ces délais sont adaptés à la voie d’abord, au sous-scapulaire, au deltoïde, à la qualité osseuse et aux gestes associés.

Le bénéfice se construit progressivement. Une amélioration apparaît souvent dans les premiers mois, mais mobilité, endurance et confiance peuvent continuer à progresser pendant 12 à 18 mois. L’auto-rééducation et la balnéothérapie occupent une place majeure.

Risques généraux

Hématome, infection, problème de cicatrice, phlébite ou complication anesthésique.

Risques neurologiques

Irritation ou lésion nerveuse, généralement transitoire mais parfois persistante.

Risques mécaniques

Luxation, fracture, conflit, raideur, instabilité, usure ou descellement.

Résultat incomplet

Douleurs, faiblesse ou limitation résiduelles ; réintervention parfois nécessaire.

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Kinésithérapie et auto-rééducation

La kinésithérapie est immédiate mais protégée. Les premières semaines privilégient la main, le poignet, le coude et la mobilité aidée dans les limites prescrites. Viennent ensuite le contrôle actif, les gestes quotidiens puis le renforcement progressif. La piscine ou la balnéothérapie commence seulement après cicatrisation complète et accord de l’équipe.

Fiche dessinée de rééducation après prothèse d’épaule
Fiche pratique indicative : le compte rendu opératoire et les consignes personnalisées priment toujours.
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Questions fréquentes

Une omarthrose visible doit-elle toujours être opérée ?

Non. De nombreuses arthroses radiographiques sont peu symptomatiques. La chirurgie dépend de la douleur, du sommeil, de la fonction et de l’échec du traitement médical.

Pourquoi un profil axillaire et un scanner ?

Le profil montre le centrage et l’usure postérieure. Le scanner mesure version et stock osseux pour prévoir correction, greffe ou implant spécifique.

Anatomique ou inversée ?

L’anatomique reproduit la géométrie native et nécessite une coiffe fonctionnelle. L’inversée permet au deltoïde d’élever le bras lorsque la coiffe est déficiente ou dans certaines situations complexes.

Le PRP peut-il refaire le cartilage ?

Non. Il est étudié comme option antalgique potentielle. Les preuves ne permettent pas de promettre une régénération.

Combien de temps pour récupérer ?

La protection initiale dure souvent environ 3 semaines, mais la récupération se poursuit sur plusieurs mois et peut encore progresser à 12–18 mois.

La prothèse sera-t-elle oubliée ?

C’est un objectif possible, pas une garantie. On recherche d’abord une forte diminution de la douleur et une épaule utile, avec des amplitudes réalistes.

Faire le point sur une omarthrose

La stratégie dépend de vos symptômes, de la coiffe, du stock osseux et de vos objectifs.

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Contenu rédigé et relu par le Dr Quentin Baumann. Dernière révision : 19 septembre 2026. · Politique éditoriale

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