L’épaule n’a pas besoin d’être « mise au repos » en permanence : elle a besoin d’une charge progressive et tolérable. Une douleur qui augmente match après match, réveille la nuit ou s’accompagne d’une perte de force doit conduire à diminuer la charge et à faire examiner l’épaule.

Ce que l’on sait des blessures au padel
Les études disponibles restent hétérogènes, mais une revue systématique retrouve le coude comme site le plus fréquent, devant le genou, l’épaule et le rachis lombaire. Les tendons et les muscles sont souvent concernés. Le risque varie avec le niveau, le volume, la technique et les antécédents.
Avant de jouer : dix minutes utiles
- Deux à trois minutes d’activation générale et de mobilité thoracique.
- Rotations externes de l’épaule avec un élastique léger, coude près du corps.
- Ouverture contrôlée de l’élastique pour activer les fixateurs de l’omoplate.
- Élévations progressives puis gestes de frappe sans balle, à vitesse croissante.
- Quelques volées et bandejas modérées avant les smashes puissants.
L’échauffement doit préparer, non fatiguer. Il ne compense pas une augmentation brutale du nombre de matchs.
Entretenir la coiffe et l’omoplate
Deux à trois séances courtes par semaine peuvent associer rotations externes, tirages légers, travail du dentelé antérieur et contrôle de l’omoplate. La force doit être équilibrée avec la mobilité thoracique et la récupération. Les programmes de prévention de l’épaule dans les sports au-dessus de la tête sont associés à une réduction du risque, même si les données spécifiques au padel sont encore limitées.
Technique, matériel et charge
Une balle frappée tardivement oblige l’épaule à produire davantage de force dans une mauvaise position. Un enseignement technique aide à utiliser les jambes, le tronc et la rotation du corps plutôt que le bras seul. Une raquette trop lourde ou mal tolérée, un grip inadapté et des matchs rapprochés peuvent majorer la charge. Il n’existe cependant pas de matériel universellement protecteur : le confort et la progression priment.
Que faire si la douleur apparaît ?
Réduire temporairement les smashes et le volume, conserver les gestes indolores, puis reprendre progressivement. Une douleur nocturne, une perte de force, une limitation persistante ou un traumatisme avec claquement justifient un examen clinique. L’échographie ou l’IRM ne sont pas systématiques : elles sont demandées lorsque l’histoire et l’examen le nécessitent.
Questions fréquentes
Faut-il s’étirer juste avant le match ?
Les mouvements dynamiques et progressifs sont préférables à de longs étirements passifs immédiatement avant de frapper fort. Les étirements plus prolongés peuvent être réalisés à distance.
Peut-on jouer avec une tendinopathie ?
Souvent oui, avec une charge adaptée, une douleur faible et non croissante, et sans perte de force. Une douleur nocturne ou durable mérite une évaluation.
Les élastiques suffisent-ils ?
Ils sont pratiques pour la coiffe et l’omoplate, mais le programme doit aussi intégrer le tronc, les jambes, la technique et la récupération.
Sources médicales
- Dahmen J et al. Incidence, prevalence and nature of injuries in padel: a systematic review. BMJ Open Sport Exerc Med. 2023.
- Musculoskeletal disorders in padel: from biomechanics to sonography. 2024.
- Risk factors and prevention strategies for shoulder injuries in overhead sports: updated systematic review. 2022.
- 2022 Bern Consensus Statement on Shoulder Injury Prevention, Rehabilitation and Return to Sport.
- Shoulder biomechanics during strokes in padel players. 2023.
Chirurgie de l’épaule et de la main