Une arthrose « centrée » signifie généralement que la tête de l’humérus reste relativement bien alignée avec la glène. Dans une arthrose dite « excentrée », la tête se déplace par rapport à son axe habituel, parfois en raison d’une rupture importante de la coiffe des rotateurs. Cette distinction aide à choisir le traitement, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à décider d’une opération.

Comprendre l’articulation de l’épaule
L’articulation gléno-humérale associe la tête arrondie de l’humérus et une surface peu profonde de l’omoplate appelée glène. Le cartilage facilite leur glissement. La coiffe des rotateurs, composée de plusieurs tendons, contribue à maintenir la tête humérale au centre de l’articulation pendant le mouvement. L’omarthrose correspond à une usure du cartilage de cette articulation.
Arthrose centrée ou excentrée : quelle différence ?
Dans une arthrose centrée, la tête humérale reste globalement centrée. La coiffe peut être conservée, même si elle doit être évaluée. Dans une arthrose excentrée, la tête peut être ascensionnée en cas de rupture massive de la coiffe. Une usure de la glène vers l’arrière peut également produire un décentrage postérieur, même avec une coiffe intacte. Ces deux mécanismes sont différents : la seule mention « excentrée » ne permet donc pas de conclure qu’il faut une prothèse inversée.
Quels symptômes doivent conduire à consulter ?
La douleur peut apparaître à l’habillage, aux gestes en hauteur, à l’effort ou pendant la nuit. Une raideur progressive et des craquements peuvent accompagner la diminution des mobilités. La douleur n’est pas toujours proportionnelle à l’importance de l’arthrose visible sur les images.
Consultez rapidement en cas de douleur brutale après une chute, de fièvre avec articulation chaude et très douloureuse, ou de perte récente et marquée de force.
Quels examens sont utiles ?
Les radiographies constituent le premier examen pour apprécier l’interligne, les ostéophytes et la position de la tête humérale. L’échographie ou l’IRM peuvent examiner les tendons de la coiffe. Un scanner, parfois avec reconstruction en trois dimensions, aide à analyser la forme et l’usure de la glène, notamment avant une éventuelle prothèse.
Peut-on traiter l’arthrose sans chirurgie ?
Oui. Lorsque les douleurs restent tolérables, on privilégie les adaptations d’activité, une prise en charge antalgique adaptée au patient et une rééducation progressive visant à préserver les amplitudes et la fonction. Une infiltration peut être discutée selon le contexte, mais son bénéfice est variable et les données scientifiques ne justifient pas d’en promettre un soulagement durable. Il n’existe pas de traitement capable de reconstituer un cartilage déjà usé.
Quand discuter une prothèse d’épaule ?
Une prothèse est envisagée lorsque la douleur et les limitations persistent malgré une prise en charge adaptée, avec une gêne importante dans la vie quotidienne. Le choix ne dépend pas uniquement des radiographies : l’âge, les attentes, la mobilité, l’intégrité des tendons, la qualité osseuse et la déformation de la glène comptent également.

Prothèse anatomique ou inversée ?
Une prothèse anatomique reproduit la forme générale de l’articulation et nécessite notamment une coiffe suffisamment fonctionnelle. Une prothèse inversée modifie la mécanique de l’épaule pour permettre au deltoïde d’assurer une part plus importante de l’élévation du bras ; elle est souvent indiquée lorsque la coiffe est irréparable.
Cependant, chez certains patients présentant une arthrose primitive avec une coiffe intacte, les deux options peuvent être discutées. Les études comparatives récentes retrouvent des résultats globalement satisfaisants dans des populations sélectionnées, avec des différences sur certains mouvements, les complications ou les reprises. Les données sont essentiellement observationnelles : il ne faut pas en déduire qu’un implant serait supérieur dans toutes les situations.
Récupération après une prothèse
Les premières semaines associent protection de l’épaule, contrôle de la douleur et reprise progressive des mouvements selon le type de prothèse et les gestes associés. La rééducation, les restrictions de port de charge et la reprise du sport sont personnalisées par l’équipe chirurgicale. Il faut distinguer récupération de la vie quotidienne et reprise des efforts intenses.
Questions fréquentes
Une arthrose centrée est-elle moins grave ?
Pas nécessairement. La douleur, la raideur et la gêne fonctionnelle comptent autant que l’aspect radiographique.
Une arthrose excentrée signifie-t-elle que la coiffe est rompue ?
Non. Un décentrage supérieur peut être lié à une rupture importante de la coiffe, tandis qu’un décentrage postérieur peut être associé à une usure particulière de la glène, même si les tendons sont conservés.
Le scanner est-il toujours nécessaire ?
Non. Les radiographies sont le premier examen. Le scanner devient particulièrement utile pour étudier la forme de la glène et préparer une chirurgie.
Peut-on éviter une prothèse ?
Oui, lorsque les symptômes restent compatibles avec les activités du patient. La décision dépend de la douleur et de la fonction, pas d’une image seule.
Une infiltration peut-elle guérir l’arthrose ?
Non. Elle peut éventuellement soulager certains symptômes, sans réparer le cartilage usé.
Une prothèse inversée est-elle toujours meilleure ?
Non. Le choix entre prothèse anatomique et inversée dépend notamment de la coiffe, de l’os, des déformations et du projet fonctionnel.
Peut-on reprendre le sport après une prothèse ?
Cela dépend du sport, de l’état de l’épaule, du type de prothèse et de l’évolution après l’opération. La reprise nécessite un accord individualisé.
Sources médicales
- AAOS. Management of Glenohumeral Joint Osteoarthritis. Clinical Practice Guideline, 2020.
- Vij et al. Total Shoulder Arthroplasty Versus Reverse Shoulder Arthroplasty in Primary Glenohumeral Osteoarthritis With Intact Rotator Cuffs. 2024.
- Reverse versus anatomic total shoulder arthroplasty for glenohumeral osteoarthritis with intact cuff: a meta-analysis of clinical outcomes. 2024.
- Outcomes of anatomic versus reverse shoulder arthroplasty for B2 and B3 glenoids with an intact rotator cuff: systematic review, 2025.
Pour aller plus loin
Omarthrose : la fiche pathologie complète →
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Projet éditorial soumis à relecture médicale. La date de publication et de dernière relecture sera renseignée après validation.
Chirurgie de l’épaule et de la main