Dr BaumannChirurgie de l’épaule et de la main
FRENDE
MAIN · ARTICULATION TRAPÉZO-MÉTACARPIENNE

Rhizarthrose

Usure de l’articulation située à la racine du pouce, responsable de douleurs lors des gestes de pince, d’une perte de force et parfois d’une déformation progressive.
Traitement médical en première intentionChirurgie ambulatoire le plus souventProthèse lorsque la morphologie le permet
01 — ARTICULATION USÉE
02 — CICATRICE DORSORADIALE · AXE M1–MCP · ≈ 4 CM
03 — TRAPÉZECTOMIE
04 — M1 · TRAPÈZE · DOUBLE MOBILITÉ

RHIZARTHROSE

[ʁi.zaʁ.tʁoz]—n. f.

ÉtymologieDu grec rhíza, « racine », árthron, « articulation », et du suffixe -ose, désignant une affection chronique.

Arthrose située à la racine du pouce, correspondant à l’usure progressive de l’articulation trapézo-métacarpienne. Elle peut limiter la force, la mobilité et l’ouverture du pouce.

Quand cette usure devient douloureuse
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Comprendre la pathologie

La rhizarthrose touche l’articulation située entre le trapèze et le premier métacarpien, à la base du pouce. Cette articulation très mobile permet l’opposition du pouce et intervient dans presque tous les gestes de la vie quotidienne.

Avec le temps, le cartilage s’use, les surfaces osseuses deviennent irrégulières et le premier métacarpien peut progressivement se déplacer. Une déformation du pouce en « Z » peut apparaître dans les formes évoluées.

L’importance de l’usure visible sur les radiographies ne correspond pas toujours à l’intensité de la douleur : une arthrose évoluée peut être bien tolérée, tandis qu’une atteinte radiologiquement modérée peut être très douloureuse.

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Le bilan morphologique

Le diagnostic repose sur l’histoire des symptômes, l’examen clinique et les radiographies du pouce. Avant une intervention, il est essentiel d’étudier la forme, le volume et la hauteur du trapèze, la qualité du capital osseux, l’orientation de l’articulation, la position du premier métacarpien et les articulations voisines.

Une TDM — ou scanner — ciblée peut être demandée pour préciser cette anatomie. Elle aide à déterminer si le trapèze peut être conservé et recevoir une cupule prothétique ou si une trapézectomie est préférable.

Pourquoi ce bilan compte

Le choix ne repose pas uniquement sur l’âge ou le stade radiographique. Il dépend de la morphologie, de la qualité osseuse, des besoins fonctionnels et du mode de vie du patient.

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Traitements médicaux possibles

Une intervention n’est proposée qu’en cas de douleur persistante et invalidante malgré un traitement médical bien conduit. Celui-ci peut associer une adaptation temporaire des gestes, des antalgiques ou anti-inflammatoires lorsqu’ils sont autorisés, une orthèse, une rééducation adaptée et une infiltration de l’articulation.

L’orthèse stabilise la base du pouce et diminue les contraintes. Elle peut être portée la nuit, pendant les activités douloureuses ou lors d’une poussée inflammatoire. Elle soulage parfois durablement, mais ne reconstitue pas le cartilage usé.

Orthèse courte du pouce
Elle soutient la colonne du pouce et l’articulation TM, tout en laissant libres les doigts et l’extrémité du pouce.
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Quand envisager une chirurgie ?

La chirurgie est discutée lorsque la douleur devient quotidienne, que les gestes simples deviennent difficiles, que la force de pince diminue ou que le traitement médical n’apporte plus un soulagement suffisant.

L’objectif principal est de supprimer ou réduire nettement la douleur, puis de restaurer une mobilité confortable, une ouverture satisfaisante du pouce et une pince fonctionnelle.

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Trapézectomie ou prothèse ?

Les deux techniques cherchent à supprimer le conflit douloureux tout en maintenant une pince fonctionnelle. Aucune n’est universellement supérieure : le bilan morphologique permet de choisir la plus adaptée.

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Trapézectomie

Le trapèze usé est retiré. Une suspension ou stabilisation du premier métacarpien peut être associée.

Le trapèze usé est retiré

Avantages

  • Technique éprouvée et polyvalente
  • Absence de prothèse articulaire
  • Possible lorsque la morphologie ne permet pas une cupule

Limites

  • Récupération souvent plus longue
  • Immobilisation parfois plus contraignante
  • Perte possible de hauteur et récupération prolongée de la force
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Prothèse TM

Les surfaces usées sont remplacées en conservant le trapèze et la hauteur de la colonne du pouce.

Tige dans M1 · cupule dans le trapèze · insert à double mobilité

Avantages

  • Mobilité souvent récupérée plus rapidement
  • Immobilisation généralement plus légère
  • Longueur et force de pince potentiellement mieux préservées

Limites

  • Capital osseux suffisant indispensable
  • Surveillance radiographique
  • Risques rares de luxation, fracture ou descellement

Lorsque l’anatomie et la qualité osseuse le permettent, je privilégie le plus souvent une prothèse trapézo-métacarpienne. Les données disponibles sur les implants à double mobilité sont encourageantes, sans démontrer une supériorité absolue sur la trapézectomie dans toutes les situations.

À lire · Centre Main Paris MonceauTraitement de la rhizarthrose : prothèse ou trapézectomie ? →
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Le geste chirurgical

L’intervention est généralement réalisée en ambulatoire, sous anesthésie locorégionale. Une incision d’environ 4 cm est pratiquée à la base du pouce, en regard de l’articulation trapézo-métacarpienne.

Pour une prothèse, les surfaces articulaires sont préparées avec précision. Une tige est implantée dans le premier métacarpien et une cupule dans le trapèze. La longueur, la mobilité et la stabilité sont contrôlées avant la fermeture cutanée par un surjet.

Ambulatoiresortie le jour même le plus souvent
≈ 4 cmcicatrice à la base du pouce
J15ablation habituelle du surjet
Mobilisation précoceavec kinésithérapie postopératoire

Pourquoi la prothèse TOUCH® ?

Lorsque l’anatomie le permet, j’utilise principalement la prothèse TOUCH® de KeriMedical, société suisse spécialisée dans les implants de la main. Il s’agit d’une prothèse non cimentée à double mobilité, conçue pour associer amplitude et stabilité.

Sa conception modulaire offre plusieurs possibilités de reprise : selon la situation, un ou plusieurs composants peuvent être repris. Si la conservation de l’implant n’est plus possible, une conversion secondaire vers une trapézectomie peut également être discutée.

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Après l’opération

La main est maintenue surélevée pendant les premiers jours et les doigts sont mobilisés régulièrement pour limiter l’œdème. Le pansement doit rester propre et sec. Le surjet est habituellement retiré autour du 15e jour.

Le plus souvent, une attelle ou une orthèse est utilisée principalement à visée antalgique et protectrice. Elle n’a pas nécessairement vocation à immobiliser continuellement le pouce lorsque la stabilité autorise une mobilisation précoce.

Kinésithérapie immédiate

La rééducation débute habituellement immédiatement ou dans les tout premiers jours. Elle aide à contrôler l’œdème, retrouver l’ouverture et l’opposition du pouce, assouplir la cicatrice et prévenir la raideur.

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Vivre & récupérer

Le premier mois peut rester difficile, avec fatigue, œdème, gêne et manque de force. L’amélioration est progressive, même lorsque l’utilisation légère de la main reprend rapidement.

TRAVAIL LÉGER / INDÉPENDANT

Certains indépendants, professionnels administratifs ou métiers de service peuvent reprendre dès la semaine suivant l’intervention si les gestes restent légers et que la main peut être protégée.

TRAVAIL MANUEL / DE FORCE

Il faut compter au minimum six semaines, parfois davantage, avant un travail sollicitant fortement la pince, le port de charges, les outils ou les gestes répétitifs.

Conduite : jamais avant 15 jours au minimum, puis uniquement lorsque la main permet de tenir le volant et d’effectuer une manœuvre d’urgence sans douleur, faiblesse ou orthèse gênante.

Sensibilité : une hypoesthésie ou une sensation cotonneuse sur le dos du pouce peut survenir par irritation de petites branches nerveuses superficielles. Elle est le plus souvent transitoire et s’améliore en quelques semaines ou quelques mois.

RÉÉDUC.

Kinésithérapie & auto-rééducation à domicile

La rééducation est immédiate et personnalisée : une prothèse stable et une trapézectomie n’autorisent pas la même vitesse de reprise.

Ma fiche de récupération · Rhizarthrose

Quelques séries courtes chaque jour valent mieux qu’une longue séance forcée. La douleur vive, le gonflement croissant ou une perte de fonction imposent d’arrêter et de demander conseil.

Phase initiale · protéger la base du pouce

  • Surélever la main et mobiliser immédiatement les doigts longs.
  • Porter l’orthèse selon l’ordonnance ; ne pas pincer, tourner une clé ou ouvrir un bocal.
  • Opposition douce seulement dans l’amplitude autorisée par le chirurgien.

Mobilité guidée

  • Avec le kinésithérapeute : ouverture de la première commissure, opposition et mobilité TM sans contrainte.
  • Massage cicatriciel après fermeture cutanée ; travail de l’œdème.
  • La trapézectomie impose souvent une protection plus longue qu’une prothèse stable.

Force progressive

  • Réintroduire pince douce puis préhension, sans douleur croissante.
  • Le renforcement et les charges ne commencent qu’après validation clinique.
Exercices postopératoires illustrés pour Rhizarthrose
Croquis d’auto-rééducation · les amplitudes sont adaptées par le chirurgien et le kinésithérapeute
Signaux d’alerte : douleur qui augmente nettement, fièvre, écoulement, rougeur qui s’étend, gonflement très tendu, doigts froids ou bleus, perte nouvelle de sensibilité ou de force.
Références médicales : British Society for Surgery of the Hand · Hand therapy · BSSH · Information patients et recommandations. Protocole indicatif : le compte rendu opératoire et les consignes personnelles priment toujours.
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12 questions fréquentes

1. La rhizarthrose doit-elle toujours être opérée ?

Non. Une arthrose visible sur une radiographie ne justifie pas à elle seule une intervention. La chirurgie est envisagée lorsque la douleur et la gêne persistent malgré le traitement médical.

2. Pourquoi demander un scanner avant l’opération ?

La TDM précise la morphologie et la qualité du trapèze ainsi que les articulations voisines. Elle aide à déterminer si une prothèse peut être implantée dans de bonnes conditions ou si une trapézectomie est préférable.

3. Quelle technique choisissez-vous le plus souvent ?

Lorsque l’anatomie, la qualité osseuse et le profil du patient le permettent, je privilégie le plus souvent la prothèse trapézo-métacarpienne. La trapézectomie reste une excellente solution dans les autres situations.

4. Pourquoi utilisez-vous la prothèse TOUCH® ?

Je l’utilise notamment pour sa conception suisse, son système à double mobilité, son caractère non cimenté, son recul clinique et les possibilités de reprise liées à sa conception modulaire.

5. Est-ce une intervention douloureuse ?

La douleur est généralement plus marquée pendant les premiers jours puis diminue. Le premier mois peut rester inconfortable, notamment lors de la récupération de la mobilité et de la force.

6. Dois-je porter une attelle ?

Le plus souvent, l’attelle ou l’orthèse est principalement utilisée pour le confort et la protection. Sa durée dépend de la technique et de la stabilité obtenue.

7. Quand débute la kinésithérapie ?

Très tôt, parfois immédiatement ou dans les premiers jours. Cette mobilisation précoce favorise la récupération et limite la raideur.

8. Quand les fils sont-ils retirés ?

Le surjet est habituellement retiré autour du 15e jour après vérification de la cicatrisation.

9. Quand puis-je reconduire ?

Jamais avant 15 jours au minimum. La reprise dépend ensuite de la douleur, de la mobilité, de la force et de la possibilité de contrôler le véhicule en toute sécurité.

10. Quand puis-je reprendre le travail ?

Un travail léger peut parfois reprendre dès une semaine. Un travail manuel ou de force nécessite au minimum six semaines, parfois davantage.

11. Est-il normal de moins sentir le dos du pouce ?

Une hypoesthésie du dos du pouce est possible. Elle est le plus souvent transitoire, mais une petite zone moins sensible peut parfois persister.

12. Une prothèse peut-elle être reprise ?

Oui. Un ou plusieurs composants peuvent parfois être repris. Si la conservation de la prothèse n’est pas possible, une conversion vers une trapézectomie peut être discutée.

Une question sur votre rhizarthrose ?

La décision thérapeutique dépend de vos symptômes, de votre anatomie et de votre activité.

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Où consulter ?

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