Quand accepter la séquelle ?
Si elle ne fait pas mal, ne limite pas la fonction et reste bien tolérée esthétiquement, l’abstention est souvent la meilleure décision.
Chirurgie de l’épaule et de la mainAprès une fracture de clavicule, l’os peut consolider en mauvaise position — c’est le cal vicieux — ou ne pas consolider du tout, réalisant une pseudarthrose. Toutes les séquelles ne doivent pas être opérées, mais lorsqu’elles deviennent douloureuses, instables ou gênantes, une reconstruction soigneusement planifiée peut être proposée.
DéfinitionDeux complications différentes d’une fracture de clavicule : soit l’os consolide mais dans une mauvaise position, soit il ne consolide pas et garde un foyer de mobilité. Leur prise en charge dépend des symptômes, de l’imagerie et du terrain du patient.
La clavicule est l’entretoise osseuse qui positionne l’épaule par rapport au thorax. La plupart des fractures consolident, mais certaines laissent une séquelle mécanique ou biologique. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles on tend aujourd’hui à discuter plus volontiers une ostéosynthèse par plaque pour les fractures déplacées chez l’adulte actif : l’objectif est de limiter le risque de pseudarthrose et de cal vicieux mal toléré.
Le cal vicieux survient presque toujours après une fracture déplacée traitée sans chirurgie. Si la bosse ne fait pas mal et que la fonction est satisfaisante, on accepte le plus souvent cette séquelle. Beaucoup de patients vivent très bien avec un relief claviculaire plus saillant.
Les problèmes apparaissent lorsque la déformation devient symptomatique : frottement des muscles sus-jacents, gêne au port de charge, bretelles de sac à dos, sport, douleurs à la palpation d’une esquille osseuse sous-cutanée, ou préoccupation esthétique importante.


Si elle ne fait pas mal, ne limite pas la fonction et reste bien tolérée esthétiquement, l’abstention est souvent la meilleure décision.
En cas de douleur, de gêne au port de charge, de conflit local, de palpation douloureuse d’une esquille ou d’une déformation vécue comme réellement pénalisante.
La pseudarthrose correspond à l’absence de consolidation. Au lieu d’un pont osseux stable, il se forme un tissu fibreux interposé, responsable d’un foyer de mobilité anormal. Cliniquement, la zone est souvent douloureuse à la palpation, parfois franchement mobile, avec une faiblesse et une gêne à l’effort.
On distingue classiquement les pseudarthroses hypertrophiques, hypotrophiques ou atrophiques, ainsi que les pseudarthroses septiques, plus rares, qui imposent une stratégie spécifique.
Tabagisme +++ ; fracture ouverte ; comminution ; déplacement important ; instabilité mécanique ; trouble biologique de consolidation. Le sevrage tabagique est une étape absolue avant une reconstruction.

Le diagnostic repose sur l’examen clinique, les radiographies standards et surtout sur le scanner lorsqu’il faut apprécier finement la consolidation et préparer une correction. En pratique, un scanner entre 3 et 6 mois peut être demandé selon l’évolution, en gardant à l’esprit qu’un simple retard de consolidation n’est pas encore forcément une pseudarthrose constituée.
Le bilan précise le déplacement, la perte de longueur, la qualité du cal, l’existence d’un défect osseux et l’état des parties molles. En cas de doute infectieux, des examens biologiques et parfois bactériologiques sont nécessaires.
Au début, lorsque la situation n’est pas encore figée, on peut proposer une surveillance, l’optimisation des apports nutritionnels, la correction d’une carence vitamino-calcique documentée et la réduction des contraintes mécaniques. Des ondes de choc peuvent être discutées dans certains retards de consolidation, mais leur place reste secondaire et elles ne remplacent pas une chirurgie nécessaire.
Le tabac diminue la vascularisation et la qualité de la réparation osseuse. Avant toute reconstruction, l’arrêt doit être complet et maintenu.
On propose une chirurgie lorsque la séquelle est réellement gênante : douleur persistante, gêne fonctionnelle au travail ou au sport, conflit local, mobilité pseudarthrosique, déformation inacceptable pour le patient ou échec d’un traitement conservateur bien conduit.
Dans le cal vicieux, l’objectif est de recasser et réaligner la clavicule. Dans la pseudarthrose, il faut réveiller la biologie, retirer la fibrose du foyer et stabiliser solidement l’os, souvent avec une plaque plus longue et parfois une greffe.
La correction d’un cal vicieux nécessite de recasser le cal par une ostéotomie à la scie oscillante. Le relief hypertrophique est redessiné à la scie et à l’ostéotome afin de supprimer les bosses saillantes et de recréer une clavicule plus congruente. L’alignement, la longueur et la rotation sont ensuite restaurés avant fixation.
La fibrose doit être retirée prudemment. La dissection impose une vigilance particulière vis-à-vis des branches supra-claviculaires en superficie, mais aussi du plexus brachial et des gros vaisseaux sous-claviculaires en profondeur. Ce sont les complications les plus importantes, heureusement rares.
Dans la pseudarthrose, on excise le tissu fibreux du foyer, on avive les berges osseuses puis on stabilise la clavicule par une plaque longue. Selon les cas, une plaque de 9 ou 10 trous avec une zone de pontage centrale sans vis est utilisée. En cas de défect ou de mauvaise biologie locale, on ajoute un greffon cortico-spongieux prélevé sur la crête iliaque.
Le prélèvement iliaque apporte de la matière osseuse et une stimulation biologique, mais il peut lui-même être douloureux. Dans notre pratique, une infiltration soigneuse du site préleveur est réalisée pour limiter les désagréments douloureux locaux.
Les suites sont proches de celles d’une plaque de clavicule standard. Une immobilisation de type Dujarier environ 3 semaines est habituelle. Les doigts, le poignet et le coude bougent immédiatement ; la mobilisation de l’épaule débute en général autour de S3, puis la kinésithérapie est organisée progressivement. Les antalgiques sont adaptés à la douleur.
Un contrôle clinique et radiographique est indispensable. Un scanner de contrôle vers 3 mois peut être utile, notamment après reconstruction complexe. La reprise des charges, du sport et des gestes de force reste progressive.
Infection, hématome, débricolage ou rupture du matériel, persistance d’une pseudarthrose, douleur du site iliaque, dysesthésies cutanées, et beaucoup plus rarement lésion du plexus brachial ou des gros vaisseaux sous-claviculaires.
Non. S’il ne fait pas mal et ne gêne pas le patient, l’abstention est souvent la meilleure solution.
Douleur persistante, sensibilité locale, parfois mobilité anormale du foyer, et confirmation par l’imagerie, souvent avec l’aide du scanner.
Oui. C’est un facteur majeur de non-consolidation. L’arrêt complet est une condition importante du succès.
Non. Elle dépend de la qualité osseuse, du défect et du type de pseudarthrose.
Le plus souvent autour de la troisième semaine, de façon progressive, après immobilisation initiale.
Apportez vos radiographies et, si vous en disposez, votre scanner pour analyser la consolidation et discuter la meilleure stratégie.
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Pour discuter des séquelles d’une fracture de clavicule, apportez vos radiographies et votre scanner si vous en disposez. Les consultations ont lieu sur trois sites.