Dr Quentin BaumannChirurgie de l’épaule et de la main
FRENDE
FICHE PATHOLOGIE · ÉPAULE · NERF SUPRASCAPULAIRE

Kyste paraglénoïdien

Une poche liquidienne développée au contact du labrum, parfois située dans l’échancrure spinoglénoïdienne et responsable d’une compression du nerf suprascapulaire. Rare et peu spécifique, elle peut expliquer des mois d’errance diagnostique.

Anatomie du nerf suprascapulaire et localisation des kystes paraglénoïdien et spinoglénoïdien

KYSTE PARAGLÉNOÏDIEN

[kist pa.ʁa.ɡle.nɔ.i.djɛ̃]—loc. nom. m.

ÉtymologieDe « kyste », du grec kystis, poche, et « paraglénoïdien », situé autour de la glène.

Formation liquidienne voisine du rebord glénoïdien, souvent reliée à une fissure du labrum et susceptible de comprimer le nerf suprascapulaire.

Une pathologie rare qui ne doit pas être confondue avec une tendinopathie banale de l’épaule
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Comprendre le kyste

Les kystes paraglénoïdiens sont rares et peuvent être symptomatiques ou découverts fortuitement. Le liquide articulaire peut cheminer à travers une fissure du labrum selon un mécanisme de valve et former une poche autour de la glène.

La présence d’un kyste sur l’IRM ne suffit pas à expliquer toutes les douleurs. Sa localisation, son volume, l’état du labrum et surtout son retentissement sur le nerf suprascapulaire doivent correspondre à l’histoire et à l’examen clinique.

Une cause d’errance diagnostique

Certains patients consultent après plusieurs mois ou années de douleurs postérieures sans diagnostic précis. Le tableau peut imiter une tendinopathie de coiffe, une douleur cervicale ou un déséquilibre musculaire.

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Deux échancrures, deux tableaux

Le nerf suprascapulaire provient principalement de C5-C6. Il traverse l’échancrure suprascapulaire sous le ligament transverse supérieur, innerve le supra-épineux, puis contourne la base de l’épine de la scapula par l’échancrure spinoglénoïdienne pour rejoindre l’infra-épineux.

  • Échancrure suprascapulaire : une compression proximale peut atteindre supra- et infra-épineux.
  • Échancrure spinoglénoïdienne : le supra-épineux est respecté ; l’atteinte concerne surtout l’infra-épineux et la rotation externe.
  • Kyste paraglénoïdien : terme général pour une poche autour de la glène, souvent au contact du labrum supérieur ou postérieur.
Vue postérieure de l’épaule avec nerf suprascapulaire, échancrures suprascapulaire et spinoglénoïdienne et kystes
Le niveau de compression explique les muscles concernés.
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Douleur postérieure et lanceur

La présentation associe souvent une douleur profonde à la face postérieure de l’épaule, parfois mal localisée et résistante aux traitements habituels. Une faiblesse en rotation externe, une fatigabilité ou une amyotrophie de la fosse infra-épineuse peuvent apparaître.

Chez les sportifs de lancer, les volleyeurs, les joueurs de tennis ou les travailleurs utilisant fréquemment le bras au-dessus de la tête, le kyste peut s’inscrire dans une épaule du lanceur avec lésion labrale postéro-supérieure et microtraumatismes répétés.

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Un examen clinique ciblé

L’examen recherche une asymétrie des fosses supra- et infra-épineuses, une faiblesse de rotation externe et une douleur reproduite par les gestes sportifs. La coiffe, le labrum, le biceps, l’articulation acromio-claviculaire et le rachis cervical sont également examinés.

La percussion douce du trajet du nerf peut déclencher un signe de Tinel. Il est important lorsqu’il reproduit exactement la douleur habituelle, mais il n’est ni constant ni suffisant à lui seul.

Recherche du signe de Tinel et comparaison de la trophicité de l’infra-épineux
La comparaison bilatérale recherche un Tinel, une faiblesse et une amyotrophie.
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IRM, arthro-TDM et EMG

IRM

L’IRM en séquences sensibles au liquide précise le siège, les cloisons et le volume du kyste. Elle recherche une lésion labrale, un œdème de dénervation, une amyotrophie ou une infiltration graisseuse.

Arthro-TDM

Il peut être proposé lorsque l’IRM est contre-indiquée ou insuffisante, ou pour préciser le labrum, le cartilage et les lésions articulaires associées.

EMG

L’électromyogramme aide à localiser et quantifier la souffrance du nerf et à éliminer une atteinte cervicale ou plus diffuse. Un résultat normal n’annule pas une forte concordance clinique et radiologique au début de l’évolution.

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Surveillance, infiltration et ponction

Un kyste fortuit, peu douloureux et sans déficit neurologique peut être surveillé. Le traitement médical peut associer adaptation des gestes, antalgiques ou anti-inflammatoires lorsqu’ils sont possibles, et rééducation de la coiffe et de l’omoplate.

Une infiltration ciblée peut servir de test antalgique. Une ponction-évacuation sous contrôle échographique ou scanographique peut diminuer la pression du kyste et parfois constituer le traitement. Une récidive reste possible si la fissure labrale qui l’alimente persiste.

Ponction guidée d’un kyste et décompression arthroscopique avec réparation labrale
Ponction guidée dans des situations sélectionnées ou décompression arthroscopique avec traitement du labrum.
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Décompression arthroscopique

Plusieurs incisions de quelques millimètres permettent d’explorer l’articulation, de rechercher la communication labrale et d’atteindre le kyste. Le chirurgien peut soulever prudemment le labrum ou ouvrir la capsule postérieure, exposer le col de la scapula puis évacuer le contenu et les cloisons.

Une lésion labrale responsable peut être réparée par une ou plusieurs ancres. Dans certaines situations la réparation seule permet la disparition du kyste ; dans d’autres, notamment en cas de compression nerveuse ou de kyste volumineux, une décompression directe est associée. Une neurolyse extensive n’est pas systématique.

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Après l’opération

Après une décompression isolée, l’écharpe est souvent antalgique et la mobilisation débute rapidement. Lorsqu’une réparation labrale est associée, une protection par écharpe pendant environ trois semaines est généralement proposée.

  • J0-J15 : soins des petites incisions, mobilisation de la main et du coude, pendulaires selon le geste.
  • S3-S6 : récupération progressive des amplitudes et travail de l’omoplate avec le kinésithérapeute.
  • Après S6 : mouvement actif puis renforcement progressif.
  • Sport : reprise individualisée ; le lancer et les sports de contact sont plus tardifs après réparation labrale.

La douleur peut s’améliorer avant la force. La récupération nerveuse et musculaire se poursuit parfois plusieurs mois. Une amyotrophie ancienne peut rester partiellement visible.

Risques possibles

Raideur, douleurs résiduelles, hématome, infection, récidive du kyste, défaut de cicatrisation labrale, récupération incomplète de la force et, exceptionnellement, lésion nerveuse.

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Le cours du Dr Baumann au DIU

Cette fiche reprend et actualise le cours consacré aux kystes paraglénoïdiens présenté par le Dr Quentin Baumann lors de la session Épaule du DIU d’arthroscopie à Paris en mars 2020.

Kystes paraglénoïdiens · DIU d’arthroscopie

Support pédagogique de 16 diapositives, PDF optimisé pour la consultation en ligne.

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10 questions fréquentes

1. Un kyste paraglénoïdien est-il toujours douloureux ?

Non. Certains sont découverts fortuitement. Ils deviennent pertinents lorsque leur position correspond à la douleur, à une lésion labrale ou à une souffrance nerveuse.

2. Quelle différence avec un kyste spinoglénoïdien ?

Paraglénoïdien décrit un kyste autour de la glène. Spinoglénoïdien précise sa localisation dans l’échancrure spinoglénoïdienne.

3. Pourquoi le diagnostic peut-il être tardif ?

La douleur postérieure et la faiblesse sont peu spécifiques et peuvent être attribuées à la coiffe, au rachis cervical ou à une fatigue musculaire.

4. Le signe de Tinel suffit-il ?

Non. Il oriente le diagnostic lorsqu’il reproduit les symptômes mais doit être confronté à la force, l’IRM et parfois l’EMG.

5. Quel examen montre le mieux le kyste ?

L’IRM cartographie le kyste et recherche une souffrance musculaire ou une lésion labrale. L’arthro-TDM peut compléter le bilan.

6. À quoi sert l’EMG ?

Il recherche et localise une souffrance du nerf suprascapulaire, surtout en cas de faiblesse ou d’amyotrophie.

7. Une infiltration ou une ponction peut-elle suffire ?

Oui dans certaines situations. Une infiltration peut servir de test et une ponction guidée peut évacuer le kyste. Une récidive reste possible.

8. Faut-il toujours réparer le labrum ?

Non. La décision dépend du siège de la fissure, de la qualité du tissu, de la compression nerveuse et du projet du patient.

9. Comment se déroule la chirurgie ?

Le traitement est généralement arthroscopique : exploration, décompression prudente et traitement éventuel de la lésion labrale.

10. La force revient-elle immédiatement ?

Non. La récupération nerveuse et musculaire peut prendre plusieurs mois et dépend de l’ancienneté de l’atteinte.

RÉF.

Douleur postérieure ou déficit de rotation externe ?

La consultation confronte l’examen clinique, l’IRM et l’EMG avant toute proposition thérapeutique.

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