Dr BaumannChirurgie de l’épaule et de la main
FRENDE
FICHE PATHOLOGIE · COUDE

Épicondylite latérale

Le « tennis elbow » est une tendinopathie très fréquente de l’origine des muscles extenseurs. Sport, travail, bricolage ou deux-roues peuvent entretenir la surcharge.

Point douloureux de l’épicondylite latérale

ÉPICONDYLITE LATÉRALE

[e.pi.kɔ̃.di.lit la.te.ʁal]—loc. nom. f.

ÉtymologieD’« épicondyle », relief osseux externe de l’humérus. Le suffixe « -ite » est historique : il s’agit surtout d’une tendinopathie dégénérative de surcharge.

Altération douloureuse de l’origine commune des extenseurs, souvent centrée sur le court extenseur radial du carpe.

Du point douloureux au choix du traitement
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Une technopathie fréquente

Malgré son surnom, elle ne concerne pas seulement les joueurs de tennis. Les gestes répétés de préhension, d’extension du poignet et de rotation de l’avant-bras peuvent créer une surcharge : tennis et autres sports de raquette, moto, outils, souris, manutention ou travail manuel. C’est à la fois une technopathie sportive et un trouble musculosquelettique lié au travail.

La douleur siège sur la face externe du coude, avec un point exquis sur ou juste en avant et en dessous de l’épicondyle. Elle augmente en serrant, portant une bouteille, utilisant un tournevis ou frappant une balle en revers.

Palpation du point douloureux
Point exquis · origine commune des extenseurs
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Examen, échographie et IRM

Le diagnostic est d’abord clinique : palpation, extension contrariée du poignet et du majeur, force de préhension et recherche d’un diagnostic voisin. Une radiographie peut rechercher une atteinte articulaire ou une calcification.

L’échographie étudie l’épaisseur, la structure, la vascularisation et les fissures du tendon. L’IRM est utile en cas de doute, d’évolution inhabituelle ou avant un geste invasif. Une fissure ne décide pas seule du traitement : elle doit correspondre aux symptômes et à l’examen.

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Le traitement médical d’abord

La priorité est de diminuer la contrainte sans immobiliser durablement : adaptation temporaire de l’activité, correction du geste sportif ou professionnel, antalgiques ou AINS sur une courte période lorsqu’ils sont possibles, puis rééducation progressive avec travail isométrique et excentrique.

L’orthèse maintenant le poignet en légère extension est souvent très utile : elle met les extenseurs au repos pendant les activités déclenchantes. Elle doit laisser libres le pouce et les doigts.

Orthèse de poignet en extension
Orthèse poignet-main · extension légère · doigts libres
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PRP ou corticoïde : selon la lésion

Une infiltration échoguidée peut être discutée lorsque douleur et imagerie concordent. Le corticoïde peut procurer un soulagement rapide, mais son bénéfice est souvent transitoire et les injections répétées fragilisent potentiellement le tendon. Le PRP utilise les plaquettes du patient ; son effet est plus progressif et les protocoles comme les résultats restent variables.

Le choix dépend de la durée d’évolution, de l’existence d’une fissure, des traitements déjà réalisés et du calendrier du patient.

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Radio-embolisation sélective

Cette option mini-invasive, encore spécialisée et en cours d’évaluation, s’adresse à certaines douleurs rebelles. Le radiologue interventionnel ponctionne habituellement une artère au poignet ou à l’aine, progresse avec un microcathéter sous contrôle radiologique jusqu’aux petits vaisseaux anormalement développés autour du tendon, puis injecte sélectivement un produit embolisant.

L’objectif est de réduire l’hypervascularisation pathologique associée à la douleur tout en préservant les artères principales. Elle n’est pas un traitement de première intention.

Embolisation artérielle sélective
Microcathéter · néovaisseaux ciblés · axes principaux préservés
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Une chirurgie après échec complet

La chirurgie n’est proposée qu’après une évolution prolongée et l’échec réel des adaptations, de l’orthèse, de la kinésithérapie et des options infiltratives pertinentes. Elle vise à diminuer la douleur, mais ne garantit pas sa disparition complète.

Selon la lésion, le geste retire les tissus tendineux pathologiques et peut comporter un allongement en V‑Y des épicondyliens afin de diminuer leur tension.

Allongement en V-Y des épicondyliens
Incision en V · fermeture en Y · diminution de la tension
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Après l’intervention

La mobilité puis la force sont récupérées progressivement avec la kinésithérapie. Les gestes répétitifs, le port lourd, la raquette et le deux-roues sont repris par paliers. Le tendon cicatrise lentement : l’amélioration se juge sur plusieurs mois.

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Une pathologie que je connais aussi comme patient

Je me sens particulièrement concerné par cette pathologie : j’ai moi-même souffert d’une épicondylite latérale. Une orthèse, trois infiltrations et surtout une modification durable de ma pratique des sports de raquette et du deux-roues ont été nécessaires. Cette expérience renforce ma conviction qu’il faut traiter le tendon, mais aussi comprendre le geste qui l’entretient.

RÉÉDUC.

Kinésithérapie & auto-rééducation à domicile

Après débridement ou allongement V-Y, la mobilité est précoce mais la préhension résistée et l’extension contre résistance sont retardées.

Ma fiche de récupération · Épicondylite opérée

Quelques séries courtes chaque jour valent mieux qu’une longue séance forcée. La douleur vive, le gonflement croissant ou une perte de fonction imposent d’arrêter et de demander conseil.

J0–J15 · mobilité et œdème

  • Surélever et bouger régulièrement doigts, poignet et épaule.
  • Flexion-extension douce du coude dans le secteur autorisé.
  • Pas de port lourd ni d’appui direct sur la cicatrice.

S2–S6 · amplitude complète

  • Prono-supination coude au corps ; récupérer l’extension sans à-coup.
  • Glissements nerveux seulement s’ils sont enseignés par le kinésithérapeute.
  • Massage cicatriciel après fermeture complète.

Après S6 · charge progressive

  • Élastique léger, endurance puis gestes professionnels/sportifs.
  • Diminuer la charge si douleur ou gonflement persistent le lendemain.
Exercices postopératoires illustrés pour Épicondylite opérée
Croquis d’auto-rééducation · les amplitudes sont adaptées par le chirurgien et le kinésithérapeute
Signaux d’alerte : douleur qui augmente nettement, fièvre, écoulement, rougeur qui s’étend, gonflement très tendu, doigts froids ou bleus, perte nouvelle de sensibilité ou de force.
Références médicales : JOSPT 2022 · Lateral elbow pain clinical practice guideline · British Elbow and Shoulder Society · Guidelines. Protocole indicatif : le compte rendu opératoire et les consignes personnelles priment toujours.
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Questions fréquentes

Est-ce uniquement la maladie des joueurs de tennis ?

Non. Sports de raquette, TMS professionnels, bricolage, moto et préhension répétée sont fréquents.

Faut-il toujours une IRM ?

Non. L’examen et l’échographie suffisent souvent. L’IRM répond à une question précise.

Une fissure impose-t-elle une opération ?

Non. Imagerie, symptômes et réponse au traitement sont analysés ensemble.

Pourquoi une orthèse de poignet ?

Parce que les muscles douloureux commandent l’extension du poignet : elle diminue leur traction sur l’épicondyle.

L’embolisation est-elle une opération ?

Non. C’est un geste endovasculaire mini-invasif réalisé par un radiologue interventionnel.

La chirurgie guérit-elle toujours ?

Non. Elle réduit souvent la douleur chez des patients bien sélectionnés, sans garantie complète.

Une douleur externe du coude ?

Le traitement dépend du tendon et de vos contraintes.

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