Fumer augmente le risque de retard de consolidation, pseudarthrose, infection et certaines complications de cicatrisation. Après réparation de coiffe, plusieurs études associent le tabagisme à une moins bonne cicatrisation structurale. L’arrêt avant et après l’opération est un véritable traitement.

Réparation anatomique d’un tendon de la coiffe sur son empreinte osseuse par double rang
Une réparation tendon–os dépend d’une cicatrisation biologique de qualité ; le sevrage tabagique fait partie de la préparation de cette cicatrisation.

Pourquoi le tabac ralentit-il la réparation ?

La nicotine et les produits de combustion provoquent vasoconstriction, diminution de l’oxygénation et dysfonction cellulaire. La formation osseuse, le remodelage du collagène et la défense contre l’infection deviennent moins efficaces.

Quel effet sur les fractures ?

Les méta-analyses associent le tabagisme à davantage de retards de consolidation et de pseudarthroses. Dans les fractures déplacées du tiers moyen de la clavicule traitées orthopédiquement, une méta-analyse retrouvait un risque de pseudarthrose nettement plus élevé chez les fumeurs.

Quel effet sur la coiffe des rotateurs ?

La suture doit recréer une interface tendon-os. Le tabagisme est associé dans plusieurs études à davantage d’échecs structuraux et à des résultats moins favorables. La taille de la rupture, la trophicité musculaire et la qualité tendineuse restent également essentielles.

La cigarette électronique est-elle neutre ?

Non. Elle évite certains produits de combustion mais peut apporter de la nicotine, qui provoque une vasoconstriction. Les substituts nicotiniques peuvent néanmoins avoir une place dans un programme médical de sevrage : le bénéfice global de l’arrêt du tabac fumé est majeur.

Quand arrêter ?

Le plus tôt possible avant l’intervention et pendant toute la cicatrisation. Même un arrêt tardif est utile. Le médecin traitant, le pharmacien et Tabac Info Service peuvent proposer substituts, accompagnement et suivi.

Questions fréquentes

Réduire suffit-il ?

Réduire l’exposition est utile, mais l’arrêt complet offre le meilleur bénéfice pour la cicatrisation.

Les substituts sont-ils interdits ?

Non. Ils peuvent être utilisés dans un sevrage encadré ; leur risque est sans commune mesure avec celui du tabac fumé.

Le tabac explique-t-il tous les échecs ?

Non. Il s’ajoute à la lésion initiale, la qualité tissulaire, l’âge, le diabète et le respect du protocole.

Quand reprendre après l’opération ?

L’objectif est de ne pas reprendre. La période de cicatrisation osseuse ou tendineuse reste particulièrement vulnérable.

Sources médicales

  1. Tabac, pseudarthrose et infection postopératoire : méta-analyse.
  2. Tabac et consolidation des fractures : revue systématique.
  3. Tabagisme et résultats après réparation de coiffe.
  4. Tabagisme et pseudarthrose de clavicule.