Une douleur plus intense que prévu, associée à un gonflement persistant, une raideur croissante, une modification de couleur ou de température et une hypersensibilité doit faire demander un avis. Aucun signe isolé ne suffit : le diagnostic est clinique et impose d’éliminer une infection, une compression nerveuse ou un problème mécanique.

Quels signes doivent attirer l’attention ?
Après une chirurgie, douleur et œdème sont habituels. L’évolution devient moins banale lorsque la douleur reste disproportionnée, brûlante ou déclenchée par un simple contact, lorsque les doigts se raidissent au lieu de progresser, ou lorsque la peau change nettement de température, de couleur ou de sudation. Les symptômes peuvent fluctuer au cours de la journée.
Comment poser le diagnostic ?
L’examen recherche les critères cliniques dits de Budapest : symptômes sensitifs, vasomoteurs, sudomoteurs, œdème et limitation motrice. Une radiographie, une échographie, un bilan biologique ou un examen nerveux peuvent être prescrits pour éliminer une autre cause, mais aucune imagerie ne confirme à elle seule une algodystrophie précoce.
Pourquoi faut-il mobiliser sans brutalité ?
Une immobilisation excessive entretient la raideur et la peur du mouvement ; un travail trop agressif peut au contraire majorer la douleur. La stratégie associe information, contrôle antalgique, désensibilisation, mobilisation progressive, kinésithérapie ou ergothérapie et réutilisation graduelle de la main. Les exercices courts et répétés sont préférables aux séances forcées.
Quel traitement ?
La prise en charge est individualisée et souvent multidisciplinaire : chirurgien, médecin traitant, kinésithérapeute, centre de la douleur et, si nécessaire, soutien psychologique. Les traitements médicamenteux dépendent du profil douloureux. La vitamine C a été étudiée en prévention après fracture du radius, mais les résultats restent hétérogènes et ne constituent pas une garantie.
Une trajectoire qui se dégrade — douleur, gonflement et raideur augmentant ensemble — compte davantage qu’une photographie isolée à un instant donné.
Questions fréquentes
Est-ce une complication psychologique ?
Non. Le syndrome douloureux régional complexe est une affection clinique réelle. Le stress peut moduler la douleur, mais il n’en constitue pas l’unique cause.
Faut-il arrêter toute rééducation ?
Non. La rééducation est adaptée pour rester progressive, fonctionnelle et non agressive.
Une scintigraphie est-elle obligatoire ?
Non. Le diagnostic est avant tout clinique ; les examens servent surtout à rechercher une autre cause.
Peut-on guérir ?
L’évolution est souvent favorable, mais parfois lente. La reconnaissance précoce et la reprise fonctionnelle progressive sont importantes.
Chirurgie de l’épaule et de la main